Mira, plus qu’un chien!

J’ai toujours en mémoire cette rencontre d’il y a quelques années.

C’était lors de l’inauguration d’un nouveau bâtiment à la Fondation Mira.

À travers les invités de marque, dirais-je, se trouvent les employés, les amis, des utilisateurs de chiens Mira anciens et des nouveaux qui sont justement en classe pour venir chercher un chien.

Je me dirigeais vers la table pour me servir un verre de vin lorsque ma route a croisé deux personnes en fauteuil roulant avec un chien à leur roue. Il était clair que c’était des personnes en classe, des petits nouveaux.

Deux choix s’imposent à moi.

Passer tout droit et ne pas leur parler ou m’arrêter et entamer la discussion.

J’ai opté pour le deuxième choix.

Je me suis présentée.

Ils se sont présentés.

Deux jeunes garçons. Le plus jeune, souriant, énergique et avec un piercing qui lui traverse le dessous du bas de la lèvre inférieure.

« Tout pour éloigner un baiser »; lui dis-je!

L’autre, début trentaine, est handicapé physique depuis la naissance. Il me regarde avec ses grands yeux bleus et discute des bienfaits de son chien. Et c’est là qu’il me dit : « je ne vois pas, j’ai perdu la vue il y a trois ans ».

Il est assis dans son fauteuil roulant, le chien à côté de lui, la canne blanche dans ses mains qu’il fait tournoyer.

Je suis là, debout devant lui, le verre de vin vide dans les mains, il fait chaud 30 degrés Celsius minimum, le soleil plombe et je souriais lorsque j’entendis « je ne vois pas ».

Que dit-on à une personne qui vous dit : « je ne vois pas » et qui, de surcroît, est en fauteuil roulant?

J’ai passé outre.

Comme si de rien n’était.

J’ai eu peur!

J’ai esquivé. J’ai fait comme si de rien n’était.

J’ai eu peur…

de la profondeur qui se présentait à moi un milliardième de seconde, pas assez pour que j’arrête la pensée qui voulait s’enfoncer, oser, entamer.

Ce qui m’aurait sûrement fait comprendre.

Faire comprendre quoi?

Je ne peux vous répondre puisque je n’ai osé, j’ai laissé passer.

Mais une chose dont je suis certaine, c’est avec des expériences comme celles-là que je sais que Mira c’est non seulement des chiens, mais c’est surtout des humains avec une autre une façon de vivre.