Non-voyant, sourd et muet

S.V.P.

Non-voyant, sourd et muet!

Ça existe, vous savez.
En ai-je déjà rencontré?
Oui.
M’ont-ils déjà rencontrée?
Non.
Comment voulez-vous que je me présente?
Premièrement, pour se rencontrer il faut se toucher. Pas évident dans une société où le toucher n’est pas vraiment la première approche. D’abord et avant tout le regard. Ensuite la poignée de main.
Pour un non-voyant, il n’y a pas le regard, mais il y a l’approche verbale: « Bonjour, je me présente… »

Mais là, non-voyant, sourd et muet… Comment voulez-vous que je me présente? Je ne me présente pas, je regarde, j’observe…En fait, j’ai plutôt l’impression d’épier. Il y a un malaise c’est certain, mais en même temps la personne ne me voit pas, ne m’entends pas alors j’observe l’entraîneur dialoguer avec lui, béate d’admiration.

Tout se passe par le toucher, dans la main. Ils communiquent dans le langage signé du Québec (LSQ). L’entraîneur Mira possède le langage, mais de façon moins élaboré qu’un interprète, qui souvent les accompagnent.

Au bout d’un mois, il repart avec son chien. Le chien a appris à comprendre les commandements de son nouveau maître. Pour le chien, ce ne sont plus des mots, ce sont des sons. Tout un travail.

Le maître se déplace maintenant dans les rues de la ville avec son chien. Il se peut qu’un jour vous aperceviez, à une intersection de 2 ou 4 arrêts, une personne avec son chien guide à sa droite et un arrêt à la main gauche, tout comme ceux des brigadiers. Eh! Bien, dites-vous que c’est une personne sourde, muette et aveugle.

Pour traverser la rue, il comptera jusqu’à 6 et commencera à traverser.

Pour une intersection où il y a un feu de circulation, il s’arrêtera tout simplement, sortira un carton sur lequel il est inscrit: « S.V.P., j’ai besoin d’aide, si vous voulez m’aider, me toucher sur l’épaule 2 fois ». Lorsqu’un bon samaritain l’aura fait, il sortira un autre carton sur lequel cette fois-ci il y aura d’inscrit: « Tendez-moi le bras s.v.p. et pouvez-vous me faire traverser? » Une fois de l’autre côté, il sortira u carton inscrit: « Merci et bonne journée » et il continuera son chemin.

Comment a-t-il su qu’il fallait traverser à cet endroit et que c’était une intersection avec des arrêts et non un feu de circulation?

Après son mois de formation à la Fondation Mira, l’instructeur est allé chez lui et ils ont parcouru maintes et maintes fois les parcours qu’il fait pour se rendre à tel ou tel endroit.

Que nous soyons voyants ou pas, règle générale, nous allons souvent au même dépanneur, à la même pharmacie, etc. À chacun ses habitudes.

Le chien est là pour lui dire les obstacles, comme le coin de la rue entre autres, et le maître compte les rues, il sait s’il doit aller à droite après tant de rues, à gauche, tout droit, etc.

La vie est au-delà des mots et des sons.