Je t’aime!

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Je t’aime parce que tu me permets d’aspirer à mes rêves, à mes espoirs.

Je t’aime parce que je te sens toujours à mes côtés, sans jugements, sans attentes, seulement pour m’aider et me soutenir.

Je t’aime parce que tu as changé ma vie, tu m’as aidé à avoir mon chien Mira qui me permet de continuer à avoir des rêves et des espoirs.

Je t’aime! Je suis, parce que tu es!

Les cartouches que tu as donné à Mira en 2016 ont permis d’offrir 25 chiens à des gens en ayant besoin!

MERCI!


Je suis perplexe quant au fait qu’il y ait un avantage à être aveugle!

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Assise dans un café avec une non-voyante, nous profitons d’un breuvage bien chaud dans le Nouvo St-Roch; quartier branché du centre-ville de Québec où se côtoient travailleurs des nouvelles technologies, commerçants, étudiants, résidents, artistes et artisans…Telle en est la description qu’en fait le site pour promouvoir le quartier.

Mon regard est attiré vers l’extérieur. J’y regarde ce quartier que j’ai habité il y a plus de 30 ans déjà. Comme il a changé, évolué, dans sa structure! Mais quand est-il de ceux qui l’habitent?

Qui de ceux que je vois passer devant moi, y habitent? Celui-ci avec ses écouteurs sur les oreilles, sac à la main, jeans de marque, manteau dernier cri ou celui-là, cigarette à la main, vêtu de façon très « pauvrement » se chamaillant avec un être que seul lui peut voir?

Résidents ou passants, tous ces gens se côtoient et se déplacent en marchant d’un pas parfois grand, parfois petit, rapide, lent, mais aucun regard ne se croise. Il est parfois vers le haut, le bas, mais jamais dans le regard de l’autre. Tout le monde s’évite, se fuit…du regard!

À vouloir éviter le regard de la personne qu’ils ont croisé dans la rue, parfois ils croisent le mien à travers la vitre. Surtout, ne croiser aucun regard et si par inadvertance cela se produisait, vite détourner encore une fois!

Tout en étant obnubilé par tous ces regards se fuyant, j’ai porté le mien vers la personne qui m’accompagnait pour lui partager ce que j’observais. Quand mes yeux se sont posés sur elle, j’ai vu une personne radieuse, souriante qui dégageait un bien-être dont je l’avoue, me laissait pantoise.

Pendant que de mon côté j’étais captivée par tous les regards de l’extérieur, de son côté elle écoutait tout ce qui se passait à l’intérieur. Non seulement écoutait-elle, mais elle humait la bonne odeur du café et des croissants frais. Elle laissait ses doigts parcourir le dessus de la table, commentant la douceur de ce coin-ci versus la rigidité de l’autre, du confort de la chaise et de cette petite brèche sur l’anse de la tasse. Détournant la tête, comme pour jeter un regard, qu’elle n’avait plus, sur le bruit de la chaise d’à côté qui se reculait ou de cette cuillère échappée.

Je la regardais me raconter ce qu’elle voyait, et c’est à ce moment que j’ai constaté que de mon côté mes yeux me criaient que tout était hétéroclite, inharmonieux, un manque de compassion entre humains alors que de son côté tout était harmonieux, inter relié et savoureux!

En partageant ma pensée, elle me répond: « c’est l’avantage d’être aveugle »! Sur cette phrase qui me laisse très perplexe, nous nous sommes levées…

Ah! Tiens-toi, je t’avais oublié en dessous de la table!


Non-voyant, sourd et muet

S.V.P.

Non-voyant, sourd et muet!

Ça existe, vous savez.
En ai-je déjà rencontré?
Oui.
M’ont-ils déjà rencontrée?
Non.
Comment voulez-vous que je me présente?
Premièrement, pour se rencontrer il faut se toucher. Pas évident dans une société où le toucher n’est pas vraiment la première approche. D’abord et avant tout le regard. Ensuite la poignée de main.
Pour un non-voyant, il n’y a pas le regard, mais il y a l’approche verbale: « Bonjour, je me présente… »

Mais là, non-voyant, sourd et muet… Comment voulez-vous que je me présente? Je ne me présente pas, je regarde, j’observe…En fait, j’ai plutôt l’impression d’épier. Il y a un malaise c’est certain, mais en même temps la personne ne me voit pas, ne m’entends pas alors j’observe l’entraîneur dialoguer avec lui, béate d’admiration.

Tout se passe par le toucher, dans la main. Ils communiquent dans le langage signé du Québec (LSQ). L’entraîneur Mira possède le langage, mais de façon moins élaboré qu’un interprète, qui souvent les accompagnent.

Au bout d’un mois, il repart avec son chien. Le chien a appris à comprendre les commandements de son nouveau maître. Pour le chien, ce ne sont plus des mots, ce sont des sons. Tout un travail.

Le maître se déplace maintenant dans les rues de la ville avec son chien. Il se peut qu’un jour vous aperceviez, à une intersection de 2 ou 4 arrêts, une personne avec son chien guide à sa droite et un arrêt à la main gauche, tout comme ceux des brigadiers. Eh! Bien, dites-vous que c’est une personne sourde, muette et aveugle.

Pour traverser la rue, il comptera jusqu’à 6 et commencera à traverser.

Pour une intersection où il y a un feu de circulation, il s’arrêtera tout simplement, sortira un carton sur lequel il est inscrit: « S.V.P., j’ai besoin d’aide, si vous voulez m’aider, me toucher sur l’épaule 2 fois ». Lorsqu’un bon samaritain l’aura fait, il sortira un autre carton sur lequel cette fois-ci il y aura d’inscrit: « Tendez-moi le bras s.v.p. et pouvez-vous me faire traverser? » Une fois de l’autre côté, il sortira u carton inscrit: « Merci et bonne journée » et il continuera son chemin.

Comment a-t-il su qu’il fallait traverser à cet endroit et que c’était une intersection avec des arrêts et non un feu de circulation?

Après son mois de formation à la Fondation Mira, l’instructeur est allé chez lui et ils ont parcouru maintes et maintes fois les parcours qu’il fait pour se rendre à tel ou tel endroit.

Que nous soyons voyants ou pas, règle générale, nous allons souvent au même dépanneur, à la même pharmacie, etc. À chacun ses habitudes.

Le chien est là pour lui dire les obstacles, comme le coin de la rue entre autres, et le maître compte les rues, il sait s’il doit aller à droite après tant de rues, à gauche, tout droit, etc.

La vie est au-delà des mots et des sons.


Ne prends pas ma place!

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Ne prends pas ma place, même pour 2 minutes!
Et si tu la prends, alors prends mon handicap!
Surtout, si tu as pris ma place, sans mon handicap, aie au moins la décence de ne pas m’envoyer promener quand je la revendique.
Tu la veux ma vignette bleue, je te la donne avec plaisir.
Parce qu’à chaque fois que je l’accroche à mon rétroviseur, elle me confronte à mon handicap et toi tout ce que tu vois, c’est que ça te permet d’être le plus proche de la porte.
Ma vignette bleue, je te la donne, mais n’oublie pas de prendre le handicap qui va avec.


Mira, plus qu’un chien!

J’ai toujours en mémoire cette rencontre d’il y a quelques années.

C’était lors de l’inauguration d’un nouveau bâtiment à la Fondation Mira.

À travers les invités de marque, dirais-je, se trouvent les employés, les amis, des utilisateurs de chiens Mira anciens et des nouveaux qui sont justement en classe pour venir chercher un chien.

Je me dirigeais vers la table pour me servir un verre de vin lorsque ma route a croisé deux personnes en fauteuil roulant avec un chien à leur roue. Il était clair que c’était des personnes en classe, des petits nouveaux.

Deux choix s’imposent à moi.

Passer tout droit et ne pas leur parler ou m’arrêter et entamer la discussion.

J’ai opté pour le deuxième choix.

Je me suis présentée.

Ils se sont présentés.

Deux jeunes garçons. Le plus jeune, souriant, énergique et avec un piercing qui lui traverse le dessous du bas de la lèvre inférieure.

« Tout pour éloigner un baiser »; lui dis-je!

L’autre, début trentaine, est handicapé physique depuis la naissance. Il me regarde avec ses grands yeux bleus et discute des bienfaits de son chien. Et c’est là qu’il me dit : « je ne vois pas, j’ai perdu la vue il y a trois ans ».

Il est assis dans son fauteuil roulant, le chien à côté de lui, la canne blanche dans ses mains qu’il fait tournoyer.

Je suis là, debout devant lui, le verre de vin vide dans les mains, il fait chaud 30 degrés Celsius minimum, le soleil plombe et je souriais lorsque j’entendis « je ne vois pas ».

Que dit-on à une personne qui vous dit : « je ne vois pas » et qui, de surcroît, est en fauteuil roulant?

J’ai passé outre.

Comme si de rien n’était.

J’ai eu peur!

J’ai esquivé. J’ai fait comme si de rien n’était.

J’ai eu peur…

de la profondeur qui se présentait à moi un milliardième de seconde, pas assez pour que j’arrête la pensée qui voulait s’enfoncer, oser, entamer.

Ce qui m’aurait sûrement fait comprendre.

Faire comprendre quoi?

Je ne peux vous répondre puisque je n’ai osé, j’ai laissé passer.

Mais une chose dont je suis certaine, c’est avec des expériences comme celles-là que je sais que Mira c’est non seulement des chiens, mais c’est surtout des humains avec une autre une façon de vivre.